Mercredi 11 novembre 2009
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Pour des listes de Front de gauche élargi
Mis en ligne : 10 novembre
Importante et attendue, la dernière réunion du conseil national du Parti communiste consacrée aux élections régionales
l’était assurément. L’offre politique nationale pour ces élections de mars 2010, adoptée par la direction communiste par 126 voix (22 contre et 9 abstentions) n’intéresse pas seulement les
adhérents du PCF, qui sont appelés à se prononcer par un vote les 19, 20 et 21 novembre.
Elle concerne aussi au premier chef les formations et les personnalités engagées dans le front de gauche. L’équation qu’il fallait résoudre tenait à quelques exigences :
se mettre en ordre de bataille pour faire élire le maximum de conseillers régionaux sur des listes bien orientées à gauche, barrer la route à la droite qui actuellement ne dirige que deux régions
sur vingt-deux (Corse et Alsace) ; constituer, partout où c’est possible, des majorités de gauche au sein desquelles ils agiront pour la mise en œuvre d’objectifs de transformation sociale y
compris dans les exécutifs régionaux. Mais force est d’observer que ni le PS ni les Verts n’ont jusqu’alors donné l’assurance qu’ils ne concluront pas d’accord avec le MoDem. L’inclusion du parti
de François Bayrou dans des majorités régionales au nom de l « antisarkozysme » est incompatible avec la volonté de mener une politique de gauche. Pour peser et faire obstacle à la
recomposition politique social libérale et écolocapitaliste, le courant progressiste de la gauche devra présenter des listes autonomes au premier tour qui fusionneront avec le PS et les verts au
second sur la base des influences respectives et d’un projet politique transformateur. C’est simple et logique, mais le contexte politique provoque des turbulences. « La recomposition
politique se déroule sous nos yeux, a constaté Marie-George Buffet, et marque les débats dans toute la gauche ». Mais le contexte, c’est avant tout une crise sociale intense, un gouvernement
qui sabre le modèle social, des luttes nombreuses, une grande aspiration à l’unité qui parcourt le monde du travail. La mobilisation autour de la votation sur la Poste est riche d’enseignements,
ont souligné plusieurs responsables. Ce vote montre que lorsque les objectifs qu’on se fixe sont clairs, quand les gens ont le sentiment qu’ils peuvent peser, quand toute la gauche est en
mouvement, la dynamique populaire est au rendez-vous. Le PCF, fort de l’expérience positive du Front de gauche pour les élections, souhaite contribuer à la formation d’un front de gauche élargi,
ouverts à des forces nouvelles, à des personnalités, à des militants du monde syndical associatif travaillant autour de projets régionaux bien ancrés à gauche. Les dix ateliers qui viennent de se
tenir dans tout le pays ont permis à une centaine de personnalités de commencer ce travail. D’autres hommes et femmes sont prêts à rejoindre ce vivier d’intelligences. Le Front de gauche n’est pas
« un cartel d’organisations, pour Marie-George Buffet, mais un élan ». De ce point de vue, le conseil national revêt le même caractère que celui de septembre 2008 qui lança l’idée du
front pour les Européennes. C’est une nouvelle étape. L’offre politique s’adresse aux partenaires du PCF et à tous les progressistes. Elle prévoit explicitement que « partout où c’est
possible », seront constituées indépendamment du PS et d’Europe écologie, des listes du front de gauche de large rassemblement. Le NPA aurait sa place dans ce mouvement, mais de la même
manière qu’aux élections européennes, la formation d’Olivier Besancenot se refuse à prendre sa place dans des majorités de gauche dès lors que le PS y participerait. Les communistes, pour leur
part, n’entendent pas faire l’impasse sur la raison d’être du front de gauche (travailler à des majorités de gauche pour changer vraiment) dans l’espoir d’obtenir un éventuel accord avec le NPA.
Pas question pour le PCF de transiger avec son identité : défendre le monde du travail dans les entreprises, dans la rue, dans les urnes et chaque fois que c’est possible dans les instances de
pouvoir où des communistes sont élus. La mise en œuvre de cette offre politique de caractère national sera-t-elle de la même manière appliquée dans toutes les régions ? Plusieurs responsables
communistes ont fait observer la diversité des situations, en matière de rapports de force ou de bilan. Des conférences régionales vont se tenir. Ici et là la reconduction des accords avec le PS
dès le premier tour restent possibles, cette option a des défenseurs qui redoutent, sur le plan local, un score insuffisant pour peser ou même pour fusionner. Mais pour la majorité du Conseil
national, l’offre nationale doit déclencher une dynamique de rassemblement qui permettra de construire des fronts partout où c’est possible, selon les termes du texte adopté. Celui-ci va être
popularisé largement. Une grande initiative populaire de lancement de la campagne du PCF est annoncée pour le 5 décembre.
Par administrateur
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Publié dans : Elections Régionales
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